Vigilance sur l’environnement sonore des patients - Démarche Humanitude

Le bruit est inhérent au fonctionnement d’une unité de soins.

 

Or, il est un réel élément perturbateur pour certains patients notamment ceux atteints de troubles cognitifs et pour tous nuisible à la qualité de leur séjour hospitalier. Dès lors, dans le cadre de la mise en œuvre de la démarche Humanitude, les membres du comité de pilotage ont donc décidé de mener une étude sur le bruit dans le service de médecine gériatrique afin de mesurer objectivement ce phénomène avant, le cas échéant, de mettre en place des actions correctrices.

 

Du 2 au 12 mai dernier, des mesures sonores ont donc été mises en oeuvre jour et nuit à l’aide d’un dispositif adapté nommé « oreille à led ». Cette « oreille » fonctionne comme un radar auditif. A l’émission d’un bruit, elle indique trois niveaux : vert, jaune, rouge.

 

Le vert et le jaune mesurent des seuils inférieurs à 75 décibels et le rouge s’illumine à 75 décibels et au-delà. A ce niveau, le bruit est agressif pour l’homme. Il peut entrainer du stress, de la fatigue, un état de nervosité amplifiés pour des personnes en situation de vulnérabilité comme le sont les patients. Pour illustrer, un patient atteint de troubles cognitifs exposé à un niveau sonore supérieur à 75 décibels qu’il ne peut analyser, l’assimile à une agression et peut développer un comportement d’agitation pathologique (CAP).

Cette étude a permis de mettre en évidence des niveaux sonores limités dans cette unité. Elle illustre la sensibilité existante de l’équipe soignante déjà très sensibilisée à l’environnement sonore des patients. Vigilante quant aux bruits qu’elle génère, l’équipe se corrige spontanément. Les effets néfastes du bruit sont connus des professionnels, une attention particulière est portée au respect de l’endormissement des patients, les actes et gestes (la fermeture des portes en douceur, le respect d’une ambiance feutrée la nuit…) sont adaptés pour limiter les bruits délétères pour le bien être des patients et celui des professionnels.

 

L’étude a permis de montrer que les sources de bruit sont principalement liées à des facteurs extérieurs à la stricte pratique des soins comme par exemple le passage des chariots sur la barre de seuil, la manipulation des couverts, des sacs en plastiques pour les poubelles, de l’essuie main, des cloches métalliques lors de la distribution des repas.

 

Lors de la prochaine réunion du comité de pilotage, un plan d’actions correctrices sera déterminé par limiter les perturbations sonores générées par ces activités connexes aux soins.